Genèse (Jacob etc.) : deux attitudes de lecture

En lisant le livre de la Genèse dans le cadre de notre groupe Bible, je m’aperçois qu’il y a au moins deux attitudes possibles face à ces textes, et par exemple face à l’histoire de Jacob et de ses femmes.

Une attitude est de se centrer sur l’essentiel (à mes yeux): Dieu crée un peuple, et par ce peuple nous aurons la connaissance progressive de son amour. Pourquoi a-t-il choisi Jacob? C’est son choix: il fallait bien choisir quelqu’un !

L’autre attitude, plus méfiante, et attentive surtout aux détails étranges de l’histoire (p.ex. les stérilités à éclipse des femmes de Jacob), voit les bizarreries du texte et garde donc un certain scepticisme sur toute ce récit: quel est ce Dieu qui manipule les hommes « comme des pions »? Où est notre liberté?

Comment répondre? Sommes-nous des pions entre les mains de Dieu? Je ne le crois pas. Nous sommes des enfants qu’il éduque, et un peuple (l’humanité) au sein duquel il choisit selon ses vues.
Les détails, du genre stérilité, correspondent sans doute aux besoins des lecteurs initiaux du texte; tant mieux si on peut retrouver le sens spirituel ou moral qui est derrière (il y en a sans doute un). Sinon tant pis ! Mais ils affirment en tout cas la liberté de Dieu! Liberté qu’il est bon d’accepter, dans notre relation confiante avec lui.

Jésus s’est-il ressuscité lui-même?

La plupart des textes parlant de la résurrection de Jésus disent que « Dieu l’a ressuscité ».

Il y en a tout de même au moins 4 qui disent, d’une façon ou d’une autre, qu’il « s’est relevé », donc en somme qu’il s’est ressuscité lui-même: Romains 6,4; 1 Co 15,12 et 15,20; et 1 Th 4, 14 (j’ai trouvé ces références par une note de la NBS en 1 Th 4,14). A moins bien-sûr qu’on comprenne ces passages comme voulant dire « Après que Dieu l’ait ressuscité, il s’est levé » !

Spontanément, pour moi, Jésus, étant Dieu, se ressuscite lui-même ! Si on dit que « Dieu l’a ressuscité », il me semble qu’on voit trop le corps humain de Jésus; et on voit « Dieu » comme extérieur à Jésus !

Donc pour moi, c’est dire « Dieu l’a ressuscité » qui n’est pas tout à fait exact: n’a pas de sens…

Et puis… il me revient ce passage de St Jean (10,17-18): « Je donne ma vie, pour la reprendre. 18. Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre. »

Il s’est relevé !

PS: Pour pousser un peu le bouchon, les textes qui disent « Dieu l’a ressuscité » ne correspondraient-ils pas à une perception encore incomplète de la divinité de Jésus?! … Les biblistes me corrigeront !

PS 2 – Ma femme Catherine me signale un excellent article de blog sur la question: https://www.scholasaintmaur.net/qui-a-ressuscite-jesus/

 

Adam et la « connaissance du bien et du mal »

Le récit de la Genèse (Gn 3) est un mythe. Il ne s’agit pas, quoi qu’en disent Saint Paul et la liturgie, d’événements ayant eu lieu historiquement (*). Les auteurs du récit, vers le 6° siècle avant Jésus-Christ, voulaient expliquer par une histoire symbolique la situation de l’homme face à Dieu.

En ce qui concerne « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », notons déjà qu’il y a deux façons d’en comprendre la nature: soit il s’agit qu’en mangeant son fruit on devienne capable de discerner correctement ce qui est bien et ce qui est mal. Soit que l’on se mette, en l’ayant mangé, à décider ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Cette deuxième interprétation n’est pas à exclure, mais ne me paraît pas la principale.

Que se passe-t-il, dans le récit, lorsqu’Adam et Eve ont mangé le fruit: tout de suite « leurs yeux s’ouvrent » (Gn 3,7), et ensuite « ils voient qu’ils sont nus » (fragilité, disent les commentateurs, plus que question de pudeur).
Dieu ne leur a pas dit qu’en mangeant du fruit de cet arbre ils connaîtraient le bien et le mal – c’est hors de leur portée ; il leur a dit au contraire qu’ils mourront; que cet arbre est  au-delà de ce qu’ils peuvent absorber avec profit.
Ils n’ont pas gagné la capacité complète de discerner ce qui est bien, mais ils ont tout de même commencé à prendre conscience de la réalité: ils sont faibles, et en danger.

L’homme, explique ce texte, n’est pas capable de dire ce qui est bien et ce qui est mal. N’étant pas (ou plus) en relation directe avec Dieu, il va l’apprendre « à la dure ». Par la Loi révélée à Moïse d’abord; puis, diront les chrétiens, par Jésus, qui montre que c’est le don total qui est le bien.

Le péché, c’est de ne pas accepter d’être en situation de dépendance par rapport à Dieu; de se croire Dieu. Le texte de la Genèse reste significatif de ce point de vue.

La mort, de même, s’explique dans ce texte: une vie illimitée aurait un sens auprès de Dieu, en croissant progressivement dans la connaissance et dans l’amour. Mais l’homme n’a pas, par sa nature, cette relation simple avec Dieu.
Jésus nous la donnera et nous révélera la vie éternelle.


(*) Voir Encyclopédie « Théo » 2009 page 185, commentaire du verset 3,16

Actes 2,6 – L’Esprit Saint vient.. sur les présents…

Actes 2 – Récit de la Pentecôte. Versets 5 et 6:

« Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. » (Trad. Segond 1910)

Question: comment se fait-il que chacun les entendait parler dans sa propre langue?
Est-ce que ce sont les apôtres qui avaient ce don?

Certes, les apôtres parlaient en langues. Mais l’Esprit parlait aussi dans le coeur des présents ! Et leur parlait dans leur langue !
Elémentaire, non?

Cela explique aussi le fameux événement qui s’est produit aux origines du Pentecôtisme: une personne est entrée et a compris dans sa propre langue (étrangère – je ne me rappelle pas laquelle) ce que quelqu’un était en train de dire.
J’avais toujours pensé que la personne qui parlait (ou chantait) avait, sur une impulsion de l’Esprit, parlé précisément dans la langue de celui qui allait entrer.

Mais non ! C’est beaucoup plus simple: Dieu parle à chacun directement, comme il l’entend. En utilisant souvent d’autres chrétiens, bien-sûr !

 

 

 

Bibletudes – Encore une très belle analyse

Le numéro 132 de Bibletudes vient d’être diffusé et mis en ligne.

Depuis plusieurs années, tous les 15 jours environ et suite aux réunions de notre groupe Bible, Catherine Lestang diffuse une analyse du passage étudié.
La dernière étude couvre le début du chapitre 9 de l’évangile de Luc, avec l’envoi en mission des apôtres et surtout la transfiguration.

Je ne suis évidemment pas neutre, puisque l’auteur est ma chère épouse, mais je dois dire que je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi intéressant et complet sur la transfiguration.. Bon, avec cette annonce, vous allez croire qu’il s’agit de choses extraordinaires!
En fait il s’agit simplement de quelqu’un qui connaît bien la Bible, et qui fait le lien, comme dans ses livres, avec une variété d’autres textes!

Les numéros de Bibletudes sont téléchargeables en http://www.plestang.com/bible/ .

Et on peut s’inscrire auprès de moi ( pl@plestang.com ) pour les recevoir!

Généralités sur les diverses éditions de la Bible

Je viens de rédiger un court texte de généralités sur les diverses éditions de la Bible:

  • Contenu des Bibles  (cas des livres « deutérocanoniques » et qu’est-ce que c’est)
  • Ordre des livres: les psaumes et les prophètes, par exemple, ne sont pas placés au même endroit partout; la BFC bat les records, en n’utilisant pas le même classement dans son édition « standard » et dans « ZeBible » !
  • Nom des livres (p.ex. Qohéleth…)
  • Différences de traduction  (considérables!)
  • Quelle Bible choisir?

Concernant l’avant dernier point (différences entre les traductions), des explications figurent en divers endroits sur le web, et par exemple en http://tinyurl.com/lt4a9k

Sur le dernier point, je renvoie à mon document  http://www.plestang.com/docs/Choisir-une-Bible.pdf

VOIR LE TEXTE en http://www.plestang.com/docs/Generalites-sur-les-Bibles.pdf