« Abraham sacrifiant » (Genèse 22)

Un ami m’a fait remarquer que, dans le texte du « sacrifice d’Isaac », au début c’est « Dieu » (Elohim – « les dieux ») qui met Abraham à l’épreuve, alors qu’à la fin du texte c’est « le SEIGNEUR » (Adonaï) qui arrête son geste.
Il résumait cela par l’expression assez brutale: « Elohim demande un sacrifice, et YHWH l’empêche » !

J’avais toujours eu en tête l’idée que certains passages de l’Ancien Testament étaient d’origine « élohiste », et d’autres « yahwiste » (ainsi, sauf erreur, les deux récits de la création). Mais ici dans un même texte on trouve les deux appellations ! Et on ne peut pas facilement imaginer que le récit « actuel » soit la fusion de deux récits: comment le premier aurait-il fini?

Peut-être le récit nous montre-t-il le passage d’une conception générale des « dieux », qui sont plus ou moins les dieux de tous les peuples, au Dieu unique, révélé à Abraham, et qui s’affirme différent !

Ou alors il y a la justice (?) et la miséricorde; et en dernier ressort, la miséricorde l’emporte…

Je reste perplexe.

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Logiciels bibliques

Bien que n’étant pas un utilisateur des logiciels bibliques de haut de gamme, j’ai eu une ou deux occasions de jeter un coup d’oeil à Bibleworks, et je donne ci-dessous deux liens, tirés de l’intéressant  site de Timothée Minard que je découvre:

« Clic de fin pour Bibleworks »
et Comparatif de logiciels bibliques

Wouh, c’est cher! Vraiment pour spécialistes !

 

La fin du psaume 22 (21) !

Avez-vous bien lu la fin du psaume 21 (22)?
C’est le psaume qui commence par
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?« .
Psaume que Jésus a cité sur la croix (Matthieu 27,46 et Marc 15,34).

On dit souvent que, en citant le début d’un psaume, le croyant a en tête l’ensemble du texte. Et, s’agissant de ce psaume, on sait que, ensuite, il évoque les mains et les pieds percés, mais que surtout, aux versets 22 et 23, le texte devient:
« Tu m’as répondu! Je vais redire ton nom à mes frères et te louer en pleine assemblée. »

Mais il y a beaucoup plus que cela ! Et c’est assez sidérant. Dans ce même psaume, auquel Jésus en croix nous renvoie, la louange continue dans les  versets 24 à 32, ce qui est un long morceau. Et notamment – phrases qui ont un lien évident avec la mort de Jésus en croix et le salut qu’il apporte:

Au verset 29: « La terre tout entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur« .

Et plus loin: « On parlera de lui à cette génération (..) On dira au peuple qui va naître ce que Dieu a fait » !

Magnifique, non? Le psalmiste, j’en suis convaincu, a été inspiré par Dieu pour annoncer le salut apporté par Jésus. La terre toute entière se rappelle la mort du Christ. Et quel est ce « peuple qui va naître », sinon l’Eglise!

Dans le dernier numéro de « Bibletudes » qui vient d’être diffusé (128), d’autres liens sont faits entre les événements cités par Marc au moment de la mort du Christ et des passages de l’Ecriture: la sortie d’Egypte, Jéricho. Allez vite le lire !!

 

 

L’ordre des livres dans les éditions de la Bible

Les livres du Premier Testament sont classés de deux façons très différentes dans les principales éditions françaises de la Bible.
Il y a d’une part les bibles protestantes ainsi que les bibles catholiques (Jérusalem, Osty, Liturgie etc.), qui suivent – à la différence près des deutérocanoniques évidemment – un ordre traditionnel, à savoir:
Le Pentateuque, Josué et les Juges, puis Ruth, puis les livres de Samuel et des Rois, les  Chroniques Esdras et NéhémieEstherJob; les Psaumes, les Proverbesl’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, et en dernier les Prophètes.
Cet ordre se retrouve également dans les grandes bibles anglophones.

Et il y a la TOB, ainsi que la Bible « ZeBible », la Bible Parole de Vie (en tout cas l’édition interconfessionnelle) et la Bible Chouraqui, qui suivent un ordre différent: après les Juges on trouve, non pas le livre de Ruth (classé plus loin, parmi les « autres écrits »), mais les livres de Samuel et des Rois (comme ci-dessus), les Prophètes, suivis par les Psaumes, les Proverbes, le livre de Job (placé entre les deux précédents par la TOB et ses dérivées); ensuite – à quelques différences d’ordre près – Ruth, le Cantique, l’Ecclésiaste, les Lamentations, Esther, Daniel, et enfin Esdras et Néhémie puis les Chroniques.

La raison de ces différences par rapport à l’ordre « traditionnel » apparaît dans l’introduction à la TOB: « l’ordre suivi est celui des bibles hébraïques actuelles » !

Il reste quelques cas très particuliers comme la Bible de Beaumont, qui choisit un ordre plus ou moins chronologique, éclatant par exemple, pour cette raison, le livre d’Isaïe. La « Bible des Peuples » suit encore un autre ordre. Et cette liste n’est pas exhaustive, vu le nombre élevé de traductions existantes.

 

 

Jésus, « Créateur du fruit de la vigne »…

Je lis dans le dernier numéro des Nouvelles de Juifs pour Jésus un texte de la chroniqueuse habituelle, « Mme Serfati se souvient… », qui dit ce qui suit:

« Les soirs de Chabbat, la table était toujours joliment dressée par ma mère. Mon père chantait les cantiques de sa voix grave. (..) On se disputait parfois pour savoir qui allait bénir le pain et le vin.

Ces prières restent gravées dans mon coeur depuis mon enfance: « Baroukh ata adonai eloheynou (..) ». En français: « Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, roi de l’univers. C’est toi le créateur du fruit de la vigne. » 

Quelle surprise lorsque j’ai lu l’Evangile de Jean pour la première fois à la lumière de mon expérience juive:

Le premier miracle de Jésus: …il crée le fruit de la vigne ! »