Jésus a-t-il célébré la Pâque le jeudi saint?

Les spécialistes réfléchissent depuis longtemps à l’énigme suivante: Jésus a-t-il célébré la Pâque le Jeudi Saint?
La difficulté est la suivante:

– S’il s’agissait d’un vrai repas de Pâque, cela veut-il dire que l’évangile de Jean se trompe lorsqu’il dit que Jésus est mort le vendredi, au moment où on immolait les agneaux pour la Pâque? (donc le repas pascal, cette année-là, se situe le soir du vendredi).
– Peut-on concevoir que Jésus ait été arrêté – après avoir célébré Pessah avec ses disciples –  le soir même où tout Jérusalem partageait l’agneau pascal, et que son procès devant Pilate ait eu lieu le jour de Pessah?  Comment concevoir un procès et une exécution ce jour-là?
– Enfin s’il s’est agi d’un repas sans agneau, le jeudi soir, est-ce vraiment un repas de Pessah?

Un premier point est étudié en détail par Cesare Giraudo dans son livre « In unum corpus« : toute l’analyse que l’on peut faire des traditions primitives montre qu‘il s’agissait bien d’un repas pascal, avec les coupes successives, etc.

Jean-Christian Petitfils, dans son livre « Jésus » note pour sa part deux points:
Les évangiles synoptiques, bien qu’affirmant qu’il s’agit d’un repas pascal, ne font pas la moindre allusion à un partage de l’agneau entre les convives.
– Enfin on sait que les Esséniens, pour leur part, célébraient la Pâque sans agneau. Certes Jésus n’était pas Essénien, mais cela donne un point de comparaison.

On dit aussi que certaines traditions locales pouvaient comporter une anticipation de la date du repas.

On peut enfin se demander comment les familles juives de Galilée qui, pour une raison ou pour une autre ne pouvaient monter à Jérusalem, célébraient Pessah: certainement sans agneau…

Les disciples de Jésus – comme pratiquement Jésus lui même – étant galiléens, ils étaient peut-être habitués à ce qu’un repas de Pessah puissent avoir lieu sans agneau…

Et bien entendu, après la destruction du Temple, le repas de Pessah est devenu un repas sans agneau, comme il l’est encore aujourd’hui dans les familles juives.