L’ordre des livres dans les éditions de la Bible

Les livres du Premier Testament sont classés de deux façons très différentes dans les principales éditions françaises de la Bible.
Il y a d’une part les bibles protestantes ainsi que les bibles catholiques (Jérusalem, Osty, Liturgie etc.), qui suivent – à la différence près des deutérocanoniques évidemment – un ordre traditionnel, à savoir:
Le Pentateuque, Josué et les Juges, puis Ruth, puis les livres de Samuel et des Rois, les  Chroniques Esdras et NéhémieEstherJob; les Psaumes, les Proverbesl’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, et en dernier les Prophètes.
Cet ordre se retrouve également dans les grandes bibles anglophones.

Et il y a la TOB, ainsi que la Bible « ZeBible », la Bible Parole de Vie (en tout cas l’édition interconfessionnelle) et la Bible Chouraqui, qui suivent un ordre différent: après les Juges on trouve, non pas le livre de Ruth (classé plus loin, parmi les « autres écrits »), mais les livres de Samuel et des Rois (comme ci-dessus), les Prophètes, suivis par les Psaumes, les Proverbes, le livre de Job (placé entre les deux précédents par la TOB et ses dérivées); ensuite – à quelques différences d’ordre près – Ruth, le Cantique, l’Ecclésiaste, les Lamentations, Esther, Daniel, et enfin Esdras et Néhémie puis les Chroniques.

La raison de ces différences par rapport à l’ordre « traditionnel » apparaît dans l’introduction à la TOB: « l’ordre suivi est celui des bibles hébraïques actuelles » !

Il reste quelques cas très particuliers comme la Bible de Beaumont, qui choisit un ordre plus ou moins chronologique, éclatant par exemple, pour cette raison, le livre d’Isaïe. La « Bible des Peuples » suit encore un autre ordre. Et cette liste n’est pas exhaustive, vu le nombre élevé de traductions existantes.

 

 

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A propos de mon nouveau livre « Le royaume de l’amour »

On trouvera sur mon blog principal le lien vers la présentation de mon nouveau livre.

Voir aussi le billet que je viens d’écrire, comparant deux passages de mon texte avec des traductions usuelles.

Les futurs billets concernant ce livre apparaîtront normalement sur ce blog-ci.

Jésus, « Créateur du fruit de la vigne »…

Je lis dans le dernier numéro des Nouvelles de Juifs pour Jésus un texte de la chroniqueuse habituelle, « Mme Serfati se souvient… », qui dit ce qui suit:

« Les soirs de Chabbat, la table était toujours joliment dressée par ma mère. Mon père chantait les cantiques de sa voix grave. (..) On se disputait parfois pour savoir qui allait bénir le pain et le vin.

Ces prières restent gravées dans mon coeur depuis mon enfance: « Baroukh ata adonai eloheynou (..) ». En français: « Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, roi de l’univers. C’est toi le créateur du fruit de la vigne. » 

Quelle surprise lorsque j’ai lu l’Evangile de Jean pour la première fois à la lumière de mon expérience juive:

Le premier miracle de Jésus: …il crée le fruit de la vigne ! »

Jonas n’a pas existé – Quelle Bible le dit?

Jonas est un conte. Aucune des bibles usuelles ne le dit, même pas la TOB.

Elles ne disent pas clairement qu’il s’agit d’un récit fictif, d’un Jonas sans lien avec le personnage qui apparaît fugitivement dans le 2° livre des Rois (2 R 14,25).

A un ami qui était stupéfait (en fait il ne veut pas me croire)  que j’écrive que « le livre de Jonas est un conte qui imagine » qu’un prophète est envoyé à Ninive, j’ai voulu conseiller d’utiliser une bonne Bible ayant des introductions et des notes..

Problème: les Bibles usuelles ne disent pas ce que je viens d’écrire! La TOB, oecuménique, tourne autour du pot. Les Bibles catholiques n’ont que de brèves introductions. Partout on parle du « prophète Jonas », etc. Assez désolant.

Du coup je ne sais même pas quelle bible conseiller à mon ami !

Ah, cet après-midi je regarde la Bible Osty ! Elle sauve l’honneur, et écrit: « L’ouvrage n’est ni une prophétie ni un récit historique… ». Et la suite du texte d’introduction parle toujours de « Jonas », jamais du »prophète Jonas », contrairement aux autres Bibles !

Adjonction  Il faut noter aussi que dans les évangiles Jésus mentionne Jonas (Lc 11,29), et même le « prophète Jonas » (Mt 12,39) ! Comment expliquer, alors, à quelqu’un de non convaincu, que Jonas n’a pas existé !!

Le Baptême – milieu de la vie de Jésus

Un prêtre, commentant le baptême de Jésus, disait que Jésus, en quelque sorte, pendant 30 ans, avait « appris à devenir un homme », pour ensuite, après ce passage par le point le plus bas (le Jourdain), nous apprendre à devenir Dieu.

Je dois dire que j’aime cette image, qui imagine Jésus grandissant et prenant conscience peu à peu de tout ce que c’est d’être un homme !

« Jésus, l’encyclopédie » (Doré, Pedotti et alii): remarquable!

Je découvre le gros livre « Jésus, l’encyclopédie » sorti en octobre dernier. La liste des contributeurs est impressionnante, le plan du livre astucieux, etc.! Une réussite, y compris dans l’iconographie, commentée par François Boesplug.

C’est un plaisir de découvrir les analyses fines de tel ou tel bibliste, faisant par exemple remarquer l’emploi assez particulier des mots dans un passage ou un autre. Astucieux aussi d’avoir donné la parole à des non chrétiens, pour compléter la réflexion. La structure du livre est fort bien conçue, et on se réjouit à l’avance de tout ce que l’on va découvrir.

Je complète peu à peu avec des remarques plus nuancées:
– Les deux premiers articles, s’appuyant sur de nombreuses références bibliques et comportant une « pointe » théologico-spirituelle, me laissent, à la réflexion, mal à l’aise. Les auteurs, tout à leur(s) thèse(s), ont sélectionné les passages bibliques qui les appuient, et écarté les passages qui vont en sens contraire ! Il aurait fallu au moins argumenter pour dire pourquoi ces passages ne sont pas retenus: S’agissant de Jésus ressuscité, pourquoi aucune mention d’Emmaüs, ni des passages de Luc ou de Jean où Jésus parle et mange avec ses disciples? Bizarre. De même dans le deuxième article (« Paul a-t-il rencontré Jésus? »), les trois textes des Actes mentionnant en détail la conversion de Paul ne sont pas étudiés et sont attribués à la volonté de Luc d’insister sur l’importance de toute conversion. Je ressens cela comme la démarche d’un prédicateur « littéraire », qui veut développer une thèse particulière – intéressante il est vrai – devant son public; pas comme ce que j’attends personnellement, avec mon esprit scientifique, du travail équilibré d’un bibliste.

Cela reste passionnant, mais c’est bien dommage.

Parallèle entre Eden et histoire d’Israël

André Wénin écrit:

L’être humain est créé dans un lieu désertique (Gn 2,5-7), tout comme Israël, suite à la sortie d’Égypte, est formé par Dieu au désert (Dt 32,10-12). L’Adam est ensuite introduit par Dieu dans le jardin dont il reçoit les fruits et dont il devient le gardien (Gn 2,8-9.15-16) ; de la même manière, Dieu fait entrer son peuple dans la terre de Canaan pour qu’il en prenne possession, s’y installe et jouisse de ses fruits (Jos 1,10 ; 5,10 ; 24,13). Avec le jardin, le Adonaï donne à l’Adam une loi de vie en le prévenant d’un chemin menant à la mort (Gn 2,16-17) ; parallèlement, après le don de la terre, Josué invite le peuple à choisir la loi de Dieu pour épanouir sa vie et l’avertit qu’un refus de cette loi entraînera la perte du don et la destruction du peuple (Jos 23,5- 16 ; voir Dt 28 ; 30,15-20). En se fiant à la parole du serpent, Adam et Ève tombent dans l’idolâtrie et s’aliènent le Dieu de vie (3,6-13) qui les chasse du jardin et les voue au malheur qu’ils ont eux-mêmes choisi (3,14-24). De même dans l’histoire deutéronomiste : l’oubli de la loi divine entraîne le peuple à sa ruine, oubli qui commence toujours par l’idolâtrie (voir Dt 4). Cette idée guide la relecture théologique de la période des Juges qui va de Josué à Samuel, ainsi que de la longue histoire des rois jusqu’à l’expulsion d’Israël loin de la terre (2 R 17,7-23 ; 24,2-4). Sur ce parallèle entre le récit de l’Éden et l’histoire deutéronomiste, voir N. LOHFINK, L’Ancien Testament, bible du chrétien aujourd’hui (Paris 1969) 78-81. Voir le dossier sur ce point dans A. WÉNIN, « Le mythique et l’historique dans le premier Testament », in: M. HERMANS-P. SAUVAGE (éds),