2 Maccabées, résurrection

On parle souvent de 2 Maccabées 12, qui est le seul exemple de prière pour les morts dans le Premier Testament (C’est parce que les protestants ne reconnaissent pas ce livre comme biblique qu’ils ne prient pas pour les morts).

Les allusions à la résurrection des morts sont pour leur part relativement peu nombreuses dans le Premier Testament. Il est intéressant de noter que 2 Maccabées 7 (le martyre des sept frères en présence de leur mère) en contient un bel exemple, et en plusieurs versets: 9, 11, 14, puis 23, 29 et 36 !

Plus généralement, à propos des « deutérocanoniques », je trouve ce long texte, sans doute ancien mais assez complet:

https://www.gloria.tv/article/7SVBAXwo9hvy2K7NeRZpMEtGS

Retour sur le Notre Père

Nouvelle version du billet, entièrement revu,  janvier 2020

A l’occasion de la mise en place du « nouveau Notre Père » (« Ne nous laisse pas entrer en tentation« ) j’essaie ci-dessous d’expliquer comment se pose la question.

L’ancienne traduction liturgique était: « Ne nous laissez pas succomber à la tentation » puis « Ne nous soumets pas à la tentation« ..

Le texte latin du Notre Père n’est pas changé:  « ne nos inducas in tentationem » (« ne nous fais pas entrer »?)

Commençons par deux remarques préalables:

– Le mal et le malheur, ce n’est pas la même chose. Voir Isaïe 45,7 qui ose dire:
 « Je fais le bonheur et je crée le malheur; c’est moi, le SEIGNEUR, qui fais tout cela ».

– Etre soumis à une tentation (la subir, y être affronté), et céder à la tentation (être emporté), c’est différent. Dieu peut soumettre quelqu’un à des tentations. Voir Matthieu 4,1:
« Jésus fut poussé au désert par l’Esprit pour y être tenté par le diable ».

Le texte grec du Notre Père (Matthieu 6,13 et Luc 11,4) utilise l’expression  « mè eis-enenkès èmas eis peirasmon« . Littéralement « ne nous emporte pas dans l’épreuve » (Trad. Interlinéaire grec-français, Maurice Carrez).  On trouve presque la même expression à l’agonie (Mt 26,41 – Mc 14,38 – Lc 22,46): « entrer » en tentation.
Le même mot signifie « épreuve » et « tentation » – M.Carrez a choisi d’utiliser l’un comme l’autre; la Bible Segond d’étude utilise « épreuve » aux deux endroits.

Le père Carmignac, auteur d’une étude de référence, compare le texte grec à ce qu’aurait été un texte araméen antérieur (dont il suppose l’existence), et qui  aurait utilisé d’après lui une formule « factitive », « fais que nous n’entrions pas dans la tentation« , mal interprétée en grec… Donc « Fais que nous ne soyions pas emportés par l’épreuve! »

En français, il me semble que « entrer » en tentation est différent de « céder »: c’est se trouver en situation de tentation. Il s’agit ensuite de ne pas être emporté par l’épreuve.

Il aurait donc fallu dire quelque chose comme
– « Fais que nous ne nous succombions pas à la tentation », ou
– « Ne nous laisse pas succomber à la tentation » – qui est la plus ancienne formule, en remplaçant le « vous » par le « tu » !
(Ou encore:  « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation » ou  « Ne nous laisse pas entrer DANS la tentation« ).

La formule actuelle « coule bien dans la bouche », mais a un sens qu’il faut imaginer: « entrer en tentation » est censé vouloir dire « accepter la tentation… »

***

  • Si on regarde l’anglais (King James), il dit: « Lead us not into temptation »; noter le « into »: « dans ».
  • Le 30.4.2020 je lis, de Paul Calzada , la traduction proposée:  « Ne nous abandonne pas dans la tentation« .  Intéressant !

Rom 7,14-24 « Malheureux homme… »

Fine analyse de ce texte par François Lestang dans un MOOC du Chemin Neuf.

Dans ce texte il ne s’agit pas – on le sait en général – du chrétien. Mais François montre, en deux colonnes, que ce sont à la fois la situation du juif et celle du païen (grec ou romain) qui sont décrites ! Avec de belles citations d’auteurs grecs anciens, où l’on retrouve la même réflexion !