Un petit effort !

Deux points, liés aux lectures liturgiques d’aujourd’hui, m’amènent à réagir.

D’abord la première lecture, que le lectionnaire liturgique annonce fièrement comme « Lecture du livre du prophète Daniel » ! Mais même la Traduction liturgique  ne parle pas de « prophète » Daniel; elle parle du « Livre de Daniel », comme le font aussi bien entendu la TOB et autres bibles.
Le livre de Daniel, composite, est une fiction – un peu comme le livre dit du « prophète » Jonas. Certes il a un contenu partiellement prophétique – ou plutôt apocalyptique, mais, encore une fois, il n’y a que le lectionnaire qui utilise cette appellation inappropriée.

Concernant maintenant l’évangile de Jean, en 8,41, « Nous ne sommes pas nés de la prostitution… » Le passage est bien connu, et sa signification est classique, en lien avec les textes des prophètes (p.ex. Osée). Ce qui m’a stupéfié, c’est le détail d’une note de la TOB, qui parle de façon bien affirmative des pharisiens et autres interlocuteurs de Jésus, dans les termes suivants:
« Croyant être fidèles à Dieu envers et contre tout, ils se sont séparés de lui, de sorte que, maintenant, c’est Satan qui est devenu leur père« .

Ce qui, dans l’évangile de Jean, est plutôt me semble-t-il une façon de parler, ou tout au plus une mise en garde, devient dans cette note une affirmation pleine et directe, même pas mise dans la bouche de Jésus: présentée comme une vérité théologique…

Je ne me vois pas parler en ces termes à des amis juifs, pour leur expliquer ce passage !
Un peu de recul svp !

 

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« Le juste vivra de la foi » (Rm 1,17)

Je retiens ici la traduction de la Bible de Jérusalem, fidèle à mon sens au texte grec.
Ce billet de blog prend sa source dans deux échanges récents que j’ai eus sur Facebook.

Paul, dans ce passage extrêmement connu – notamment utilisé par Luther – cite le prophète Habaquq (2,4)… dans sa version grecque – les « Septante ». Car la version hébraïque officielle dit « vivra de sa  fidélité« , ce qui peut avoir un sens bien différent: fidélité aux 613 commandements, et non pas vie dans la foi…

On retrouve ici, entre autres, le sens et la place qu’il faut donner à la Septante. J’en ai déjà parlé dans le billet précédent.

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, béni soit son nom »  s’écrie Job (1,21) . Et mon ami Michel Lévy écrit, dans un commentaire FB sur un de ses billets de blog: « HaChem ajoute et retire à la fois … ».

J’y ai repensé en lisant dans Seraphim l’interview d’Olivier Turbat, prêtre qui a eu un AVC. Olivier dit notamment: « J’avais une sorte de maîtrise sur ma progression spirituelle. Maintenant je ne comprends pas grand-chose, je suis dépossédé. Je ne sais plus ma vocation, ni la valeur de ma vie, mais « laissez à Jésus les mains libres et permettez-lui de vous utiliser sans vous consulter », dit Mère Teresa. En fait je ne sais pas comment Dieu m’utilise mais je sais qu’il le fait. »