L’attente d’un Messie dans le Premier Testament

Qu’il s’agisse des juifs de l’époque de Jésus, ou des juifs actuels, il est intéressant d’essayer de retrouver, dans le Premier Testament, les textes qui annoncent la venue d’un Messie.

Je crée ce billet de blog pour qu’il me serve en quelque sorte d’accumulateur, en vrac.
Il y a par ailleurs dans la Bible de nombreux passages évoquant les « temps messianiques » (p.ex. dans Isaïe), mais j’ai voulu me limiter ici au Messie en tant que personne.

  • Le premier Isaïe (ch.11)  écrit,  vers -740: « Un rameau sortir de la souche de Jessé (..)il jugera les petits avec justice (..) du bâton de sa parole il frappera le pays.« 
  • Le livre de Jérémie (ch 23,5), vers -600, écrit: « Voici (..) que je susciterai pour David un germe juste; il règnera en vrai roi (..) En ces jours-là Juda sera sauvé et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera: « Le Seigneur est notre justice ».
  • La fin de la Genèse (ch. 48) évoque le rôle de Juda, à propos de qui Joseph, dans un grand discours, déclare notamment:
    « Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement à sa descendance,  jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront. »  (Trad. liturg.)
    On date ce texte de l’époque de l’exil à Babylone, soit vers -550.
  • Dans Zacharie (3,9-10), vers -520,  on trouve l’annonce de la venue d’un « Germe »: « En un seul jour, j’enlèverai les fautes qui souillent ce pays ».
  • Le livre de Malachie, vers -460, comprend le célèbre passage sur « le jour du Seigneur, jour grand et redoutable« .
  • Et puis, beaucoup plus tard, vers -150,  il y a en Daniel 9,24 les « soixante dix semaines d’années »: « (..) nécessaire(s) pour que (..) la justice éternelle se manifeste, que la vision et la prophétie s’accomplissent, et que le Temple de Dieu soit de nouveau consacré ». (Daniel prétend être un écrivain du 6° siècle, mais connaît manifestement certains événements du 2° siècle…)
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Joseph n’eut pas de relations avec elle..

La dernière phrase du chapitre 1 de Matthieu est souvent considérée comme ambigüe:

« (Joseph) n’eut pas de relations avec Marie jusqu’à ce qu’elle eut enfanté un fils… » Le lecteur moderne a tendance à considérer que cela laisse ouverte la question de savoir si Joseph a eu des relations sexuelles avec Marie par la suite… et donc éventuellement si Jésus a eu des frères et des soeurs.

Mais ce n’est pas de cela dont parle l’évangéliste! Il veut seulement préciser que Jésus est, clairement, né d’une vierge! Né sans que Marie ait eu de relations sexuelles avec son mari.

Plusieurs traductions ont essayé, en tirant un peu sur le texte grec, de mieux exprimer cela. La traduction liturgique notamment a choisi de rendre ce passage comme suit:

« .. mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

Bien joué je trouve, cette virgule.

En ce qui concerne les « frères de Jésus », le meilleur argument est sans doute que sur la croix, d’après l’évangéliste Jean, Jésus a confié sa mère au disciple bien aimé. Si Marie avait eu d’autres enfants, c’est naturellement chez eux que Marie aurait trouvé un abri.

Dans beaucoup de pays où la famille est considérée de façon élargie, le mot « frère » concerne aussi les cousins. Et le fait qu’il existe deux mots différents en grec (adelphos et anepsios) n’est pas une objection définitive: un de nos amis africains parlera volontiers de ses « frères », en français, pour désigner ses cousins. En français. Donc pourquoi n’en aurait-il pas été de même en grec, en gardant la façon traditionnelle dont les cousins de Jésus étaient désignée en araméen?

« Abraham sacrifiant » (Genèse 22)

Un ami m’a fait remarquer que, dans le texte du « sacrifice d’Isaac », au début c’est « Dieu » (Elohim – « les dieux ») qui met Abraham à l’épreuve, alors qu’à la fin du texte c’est « le SEIGNEUR » (Adonaï) qui arrête son geste.
Il résumait cela par l’expression assez brutale: « Elohim demande un sacrifice, et YHWH l’empêche » !

J’avais toujours eu en tête l’idée que certains passages de l’Ancien Testament étaient d’origine « élohiste », et d’autres « yahwiste » (ainsi, sauf erreur, les deux récits de la création). Mais ici dans un même texte on trouve les deux appellations ! Et on ne peut pas facilement imaginer que le récit « actuel » soit la fusion de deux récits: comment le premier aurait-il fini?

Peut-être le récit nous montre-t-il le passage d’une conception générale des « dieux », qui sont plus ou moins les dieux de tous les peuples, au Dieu unique, révélé à Abraham, et qui s’affirme différent !

Ou alors il y a la justice (?) et la miséricorde; et en dernier ressort, la miséricorde l’emporte…

Je reste perplexe.

La fin du psaume 22 (21) !

Avez-vous bien lu la fin du psaume 21 (22)?
C’est le psaume qui commence par
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?« .
Psaume que Jésus a cité sur la croix (Matthieu 27,46 et Marc 15,34).

On dit souvent que, en citant le début d’un psaume, le croyant a en tête l’ensemble du texte. Et, s’agissant de ce psaume, on sait que, ensuite, il évoque les mains et les pieds percés, mais que surtout, aux versets 22 et 23, le texte devient:
« Tu m’as répondu! Je vais redire ton nom à mes frères et te louer en pleine assemblée. »

Mais il y a beaucoup plus que cela ! Et c’est assez sidérant. Dans ce même psaume, auquel Jésus en croix nous renvoie, la louange continue dans les  versets 24 à 32, ce qui est un long morceau. Et notamment – phrases qui ont un lien évident avec la mort de Jésus en croix et le salut qu’il apporte:

Au verset 29: « La terre tout entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur« .

Et plus loin: « On parlera de lui à cette génération (..) On dira au peuple qui va naître ce que Dieu a fait » !

Magnifique, non? Le psalmiste, j’en suis convaincu, a été inspiré par Dieu pour annoncer le salut apporté par Jésus. La terre toute entière se rappelle la mort du Christ. Et quel est ce « peuple qui va naître », sinon l’Eglise!

Dans le dernier numéro de « Bibletudes » qui vient d’être diffusé (166), d’autres liens sont faits entre les événements cités par Marc au moment de la mort du Christ et des passages de l’Ecriture: la sortie d’Egypte, Jéricho. Allez vite le lire !!

 

 

L’ordre des livres dans les éditions de la Bible

Les livres du Premier Testament sont classés de deux façons très différentes dans les principales éditions françaises de la Bible.
Il y a d’une part les bibles protestantes ainsi que les bibles catholiques (Jérusalem, Osty, Liturgie etc.), qui suivent – à la différence près des deutérocanoniques évidemment – un ordre traditionnel, à savoir:
Le Pentateuque, Josué et les Juges, puis Ruth, puis les livres de Samuel et des Rois, les  Chroniques Esdras et NéhémieEstherJob; les Psaumes, les Proverbesl’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, et en dernier les Prophètes.
Cet ordre se retrouve également dans les grandes bibles anglophones.

Et il y a la TOB, ainsi que la Bible « ZeBible », la Bible Parole de Vie (en tout cas l’édition interconfessionnelle) et la Bible Chouraqui, qui suivent un ordre différent: après les Juges on trouve, non pas le livre de Ruth (classé plus loin, parmi les « autres écrits »), mais les livres de Samuel et des Rois (comme ci-dessus), les Prophètes, suivis par les Psaumes, les Proverbes, le livre de Job (placé entre les deux précédents par la TOB et ses dérivées); ensuite – à quelques différences d’ordre près – Ruth, le Cantique, l’Ecclésiaste, les Lamentations, Esther, Daniel, et enfin Esdras et Néhémie puis les Chroniques.

La raison de ces différences par rapport à l’ordre « traditionnel » apparaît dans l’introduction à la TOB: « l’ordre suivi est celui des bibles hébraïques actuelles » !

Il reste quelques cas très particuliers comme la Bible de Beaumont, qui choisit un ordre plus ou moins chronologique, éclatant par exemple, pour cette raison, le livre d’Isaïe. La « Bible des Peuples » suit encore un autre ordre. Et cette liste n’est pas exhaustive, vu le nombre élevé de traductions existantes.