Adam et la « connaissance du bien et du mal »

Le récit de la Genèse (Gn 3) est un mythe. Il ne s’agit pas, quoi qu’en disent Saint Paul et la liturgie, d’événements ayant eu lieu historiquement (*). Les auteurs du récit, vers le 6° siècle avant Jésus-Christ, voulaient expliquer par une histoire symbolique la situation de l’homme face à Dieu.

En ce qui concerne « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », notons déjà qu’il y a deux façons d’en comprendre la nature: soit il s’agit qu’en mangeant son fruit on devienne capable de discerner correctement ce qui est bien et ce qui est mal. Soit que l’on se mette, en l’ayant mangé, à décider ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Cette deuxième interprétation n’est pas à exclure, mais ne me paraît pas la principale.

Que se passe-t-il, dans le récit, lorsqu’Adam et Eve ont mangé le fruit: tout de suite « leurs yeux s’ouvrent » (Gn 3,7), et ensuite « ils voient qu’ils sont nus » (fragilité, disent les commentateurs, plus que question de pudeur).
Dieu ne leur a pas dit qu’en mangeant du fruit de cet arbre ils connaîtraient le bien et le mal – c’est hors de leur portée ; il leur a dit au contraire qu’ils mourront; que cet arbre est  au-delà de ce qu’ils peuvent absorber avec profit.
Ils n’ont pas gagné la capacité complète de discerner ce qui est bien, mais ils ont tout de même commencé à prendre conscience de la réalité: ils sont faibles, et en danger.

L’homme, explique ce texte, n’est pas capable de dire ce qui est bien et ce qui est mal. N’étant pas (ou plus) en relation directe avec Dieu, il va l’apprendre « à la dure ». Par la Loi révélée à Moïse d’abord; puis, diront les chrétiens, par Jésus, qui montre que c’est le don total qui est le bien.

Le péché, c’est de ne pas accepter d’être en situation de dépendance par rapport à Dieu; de se croire Dieu. Le texte de la Genèse reste significatif de ce point de vue.

La mort, de même, s’explique dans ce texte: une vie illimitée aurait un sens auprès de Dieu, en croissant progressivement dans la connaissance et dans l’amour. Mais l’homme n’a pas, par sa nature, cette relation simple avec Dieu.
Jésus nous la donnera et nous révélera la vie éternelle.


(*) Voir Encyclopédie « Théo » 2009 page 185, commentaire du verset 3,16

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