Nouvelle traduction liturgique, premières impressions

La nouvelle « Traduction officielle liturgique » de la Bible est sortie hier vendredi 22 novembre. Elle n’entrera en fonction officielle que dans deux ans si j’ai bien compris: il reste en effet à réaliser les lectionnaires pour l’ambon, le missel du prêtre, etc.,  ce qui peut prendre plus d’un an.
La nouvelle traduction du Notre Père pour la messe (qui n’est pas le texte de Matthieu ou de Luc mais s’en inspire) n’entrera en fonction de même qu’à cette échéance: « Ne nous laisse pas entrer en tentation » (voir mon billet sur cette traduction).

L’édition que j’ai achetée, petit format reliée à 39 euros, est assez agréable à tenir en main, quoi qu’un peu lourde. Le format des pages est celui du « Missel des dimanches », mais deux fois plus épais, plus la couverture cartonnée très solide; 2090 pages. Le texte est petit; le papier semble solide.  Trois marque-pages textile attachés à la reliure sont inclus.

Enfin et surtout – c’est la nouveauté essentielle par rapport à la précédente Bible de la Liturgie – cette Bible comprend pour chaque livre une introduction d’une ou plusieurs pages et des notes de bas de page, malheureusement plus souvent techniques que de fond.
C’était à mes yeux la condition essentielle pour que l’on puisse éventuellement recommander l’achat de cette Bible comme première ou unique Bible: car l’étude de la Bible ne prend son sens qu’accompagnée d’explications, tant exégétiques (p.ex.: le livre d’Isaïe est de trois époques différentes) que théologiques (p.ex.: introduction à la Lettre aux Romains).

La table des matières est presque au début, mais placée après les pages contenant les décrets romains d’approbation. La liste des abréviations des livres est page 29, au milieu de l’introduction. Ces deux emplacements ne sont pas vraiment optimaux. Egalement, même si c’est un détail, une introduction dont le titre est curieux, « Introduction à l’histoire deutéronomiste », précède toute la section des livres historiques (y.c. Maccabées etc.)…

Contrairement à l’ouvrage précédent, il n’y a pas de référence en marge aux occasions où chaque passage est lu (et donc pas non plus de table classée par fête liturgique); en tout cas dans l’édition dont je dispose.

L’ordre des livres est – malheureusement à mon sens – l’ordre que l’on peut appeler « traditionnel », celui de la Septante, avec à la fin du Premier Testament (que l’on continue à nommer « l’Ancien Testament ») les prophètes, placés par conséquent après Esdras, Néhémie ou les Maccabées. Quelques Bibles en France (notamment TOB, ZeBible, Parole de Vie, Bayard, Chouraqui) ont choisi un ordre différent, inspiré de celui des Bibles juives.

Parlons maintenant de la traduction elle-même, puisque c’est cette version qui sera utilisée quotidiennement à la messe dans quelques années. L’ouvrage est réellement une traduction nouvelle, comme l’explique l’introduction et comme on peut le vérifier sur de nombreux passages: si l’on prend par exemple l’évangile de ce dimanche du Christ Roi année C (Luc 23,35 et suivants), il y a au moins huit différences dans les tournures ou le vocabulaire!
Par contre, et on peut s’en réjouir, la traduction des Psaumes a l’air inchangée.

Outre l’exemple connu du « Notre Père », il y a aussi par exemple le retour du mot « diable », commenté par La Vie dans cet article.

J’avais transmis, il y a fort longtemps, une liste d’environ 80 observations à la Commission de révision. Comme le choix fait a été de retraduire tout, voyons dans quelle mesure les problèmes que j’avais détectés demeurent. Prenons déjà mes trois premiers commentaires:

– Pour Genèse 2,24, je vois que la traduction « ils ne feront plus qu’un » a malheureusement été maintenue; une note a été ajoutée pour dire: « Littéralement: ils ne feront plus qu’une seule chair ». Eh oui! Mais les auditeurs n’auront pas la note. Visiblement les traducteurs ont hésité devant le mot chair !

– Genèse 18,12: « J’ai passé l’âge de l’amour » est devenu « J’ai passé l’âge du plaisir »! Cette traduction est incomplète. Sarah dit deux choses, et pose une question: « Maintenant que je suis âgée, aurai-je encore du plaisir? »  Erreur donc, qu’il aurait été facile d’éviter; d’autant que la traduction retenue n’est pas satisfaisante: implicitement elle revient à dire que le plaisir est forcément sexuel.

– Pour Exode 3,3 « Pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas? » (on vient de dire qu’il brûle!), la correction a été faite. Le nouveau texte est: « Pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas? »

Passons sur la plupart de mes remarques suivantes. Un premier parcours m’a montré que dans plusieurs cas des corrections ont été faites dans le sens que je proposais. Il reste des points insatisfaisants, que j’examinerai dans un autre billet.

Au total, et en attendant de lire davantage ce nouveau livre, l’impression est positive. Bravo!

Publicités

Une réflexion sur “Nouvelle traduction liturgique, premières impressions

  1. Je barre deux lignes du texte ci-dessus: Les circonstances où le texte est lu apparaissent en petits caractères sous les intertitres, avec quelques cas non mentionnés (messes votives,..). Par contre évidemment la table inverse, qui faisait l’objet d’un document séparé dans la version précédente, n’est pas incluse non plus cette fois.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s